Meubles peints et compagnie

26 décembre 2016

Le Petit Chaperon Rose

chaperon rose8A chacune et chacun ses histoires d'elfes et de lutins... le Petit Chaperon Rose s'est arrêté chez moi ce Noël...

chaperon rose1Mais avant la séance photos sur la terrasse sous un beau soleil normand, il a bien fallu découper les 35 pièces du patron, puis les reporter sur la toile enduite choisie pour Mamzelle Lulu.

chaperon rose2J'ai bien songé à éviter le rose, j'ai lorgné vers le bleu mais ce rose-là me tentait vraiment, si doux... Va pour le rose.

Pour la matière, c'est la première fois que j'en fais un vêtement. Il faut reconnaître que s'abstenir de la phase du surfilage n'est pas désagréable et fait gagner du temps mais travailler cette matière somme toute assez raide n'est pas si simple.

chaperon rose6Restituer la véritable teinte d'un tissu m'est toujours aussi difficile, mais le cliché de droite correspond exactement à la réalité. Quel que soit le débat, de toutes les façons, le résultat a plu à l'intéressée, pour qui l'essentiel se résume à : "je pourrai le mettre quand ?".

chaperon rose9Pour le modèle, je me suis conformée au patron de Sabine Moinaux, "cirés de pluie", Les cahiers Couture de creapassion.com.
Pas de difficulté particulière, si ce n'est pour le montage de la capuche (doublée), du col et de la parementure. Cinq épaisseurs au total. Et quelques grincements de dents.

chaperon rose11Le modèle peut se réaliser de trois façons différentes, j'ai choisi l'option "jupette" qui donne une jolie longueur au ciré, et lui donne une touche très romantique.

Pour la taille, du dix ans, pile poil : il sera parfait pour ce printemps.

Mission remplie donc pour la Mère Noël qui a vu sa maison remplie de rires d'enfants et de plus grands, bruissante, odorante et bourdonnante. Merci à ceux qui se reconnaîtront dans ces lignes, ce fut un très beau Noël.

J'espère qu'il en fut de même de votre côté, à la ville ou à la campagne, seul(e) à deux ou à beaucoup...

Bonne fin de semaine.
Senami

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20 décembre 2016

Le fauteuil des Glaneuses

glaneuses3Il faut croire que mon inconscient me dit quelque chose... une réminiscencce... J'ai pris tout à coup conscience que ce tableau "des Glaneuses" de Jean François Millet, semble m'obséder. J'ai acheté des canevas représentant ce tableau sous différentes formes et différentes teintes, sans que cela soit volontaire. En cherchant très loin au fond de ma mémoire, il me semble que j'ai contemplé ce tableau souvent, sous forme de calendrier des postes, chez mes grand-parents il me semble...

glaneuses8Cette version adopte des teintes très douces, tendres, entre le gris d'orage du ciel et les couleurs sépias des vêtements des femmes... En achetant ce petit cabriolet, aux formes douces et féminines, aux bras largement ouverts et accueillants, j'ai tout de suite pensé à cette tapisserie que j'avais en réserve.

glaneuses1Un solide décapage a été nécessaire : la poussière, la cire et la saleté avaient recouvert le bois qui semblait pelé aux endroits où le vernis partait par plaques entières.
Décapage, donc, sans produits industriels. Juste de l'huile de coude. Les tapisseries aux dessins éteints et d'une autre décennie ont terminé leur course dans le sac à chiffons.

Le fauteuil quant à lui, est en parfait état. Je pense que c'est une copie réalisée au siècle dernier (ah ça fait tout drôle d'écrire ça... je veux dire qu'il a sans doute été fabriqué dans les années 1950...). La finesse du grain du bois et sa rigidité me font penser à du châtaigner mais sans aucune certitude. Les ressorts de l'assise sont parfaitement fermes, le crin du dossier et de l'assise en bon état. Je pense que ce fauteuil n'a pas beaucoup servi, remisé sans doute dans un grenier ou une dépendance en attendant des jours meilleurs.

glaneuses4Pas facile de déterminer l'endroit où on va couper, quand le tableau est plus grand que le support... Je me suis aidée de la toile que j'ai ôtée pour réaliser un gabarit que j'ai évidé. Ainsi j'avais un carton avec une "fenêtre" aux dimensions exactes du dossier, facile à positionner sur la toile à couper. J'ai promené mon gabarit sur la tapisserie jusqu'au moment où j'ai déterminé l'endroit où couper. Un coup de craie de tailleur, et la chose était entendue.

glaneuses7L'assise a été tendue d'une très belle toile de lin, un lin rugueux, rustique, irrégulier, en parfait contraste avec la délicatesse de la tapisserie. Un cordonnet de lin dissimule les clous.

glaneuses2Une fois le bois décapé, j'ai posé une sous-couche avant les deux couches de peinture grège .Une teinte douce là aussi, en rappel du ciel de la tapisserie. Un camaïeu de grège, lin, gris, du plus bel effet.

Une fois la peinture sèche, j'ai passé une fine couche de vernis incolore mat, pour protéger les boiseries qui pourront être patinées ensuite à la cire.

glaneuses6On ne saurait présenter le côté face sans se préoccuper du côté pile : l'arrière du dosseret est lui aussi recouvert de lin, également bordé d'un galon identique à l'assise.

... mais j'entends dire que dans vos maisons on s'active et que les petits lutins travaillent dur...

Bonne fin de semaine à toutes et à tous.
Senami

06 décembre 2016

Attila

attila2L'hiver est bien installé en Oursonnie du Nord.. Le froid y est rude et la vie au ralenti. La migration des ours est bien entamée, mais durant leur périple, il leur arrive de croiser d'autres espèces, et d'emmener avec eux quelques égarés.

attila1Bon au début, je dois vous concéder que je n'ai pas bien compris comment une bestiole aussi frêle d'apparence pouvait porter un nom aussi terrible : Attila. Menue, le regard à vous faire fondre un iceberg, on lui donnerait les nuages et le ciel sans confession. J'ai bien vite déchanté.

attila6Profitant du caractère sociable de mes chats et de ma confiance en mes amis de passage, je n'ai pas rangé de sac de croquettes. Bien mal m'en a pris : en descendant le matin, les yeux encore embrumés et la démarche un brin hésitante, j'ai bien failli me retrouver les quatre fers en l'air (et le reste aussi) en trébuchant sur les croquettes éparpillées sur le sol. Oh bien sûr, Attila en avait mangé une partie, mais son estomac est de taille modeste alors elle a joué avec le reste. Vous imaginez la scène ? Il m'a fallu parlementer avec les matous, réclamant à grand renfort de miaulements indignés le départ d'Attila, féline elle aussi.

Ses origines restent cependant incertaines : on dit que sa mère est une chasseresse redoutée dans la forêt mais qu'elle est tombée sous le charme des moustaches avantageuses d'un beau siamois. Résultat : Attila porte la robe de sa mère, mais a hérité du caractère... disons... suseptible de son père.

attila4Attila est gracile et élégante, sa robe tachetée se suffit à elle-même. Elle snobe un peu les autres ours de la maison, pour la plupart habillés avec soin et élégance. Faut croire que même chez les bestioles à poils, les canons de l'élégance diffèrent selon la région et l'habitat. Attila a le coup de patte facile, c'est vrai, mais au fond, elle a un coeur de guimauve. Son plus grand défaut est sans doute sa gourmandise qui la conduit à saccager placards et réserves, mais je reste persuadée que ce travers disparaîtra bien vite, dès qu'elle sera rassurée par une présence humaine ferme mais bienveillante. C'est ce que j'ai expliqué à la dame qui l'a adoptée dimanche dernier. Elle est venue, repartie et puis revenue, cédant définitivement devant les yeux implorants de cette tendre vandale.
Pour les yeux d'Attila, je ne trouvais pas ce que je voulais alors j'ai tout simplement peint des boutons. Son regard implorant vous fait il fondre ?

Je ne pouvais clore cet article sans vous donner des nouvelles de Marius, l'ours de l'article précédent : il a été adopté rapidement, et ira faire le bonheur d"'un enfant.

attila7En rentrant une fin d'après midi, j'ai humé l'odeur inégalable du beurre chaud, du sucre, une odeur de boulangerie au petit matin... Mon apprenti boulanger de fils avait préparé pour sa môman un goûter de rêve : des croissants chauds, un thé au miel avec une pointe de lait juste comme je l'aime...

attila8Je regrette juste de ne pas pouvoir partager ce butin avec vous (une trentaine de pièces en tout)... je sautais partout comme une gamine (euh... le dernière fois que j'ai crié youpi je me suis fait une entorse...) et je me pourlèche encore les babines.... Merci mon fils.
Bonne fin de semaine à toutes et à tous.
Senami

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27 novembre 2016

L'ours Marceau

adopte1Nous y voilà : la grande migration des ours en peluche depuis les lointaines contrées de l'Oursonnie du Nord a débuté. L'an passé je vous narrais mes mésaventures et ma cohabitation avec ces gentilles bestioles, qui pour une raison qui leur appartient, ont décidé d'élire domicile dans ma modeste demeure.

adopte5Celui-ci était installé tranquillement sur la table du jardin ce matin, attendant calmement que j'ouvre la porte aux chats. Très posé, Marceau arborait un écriteau pour le moins explicite et qui prouve qu'on peut vivre en Oursonnie du Nord et être tout à fait au courant des pratiques humaines de notre temps. Très décidé, Marceau est pressé de se trouver une famille d'accueil. Je le soupçonne d'être tout de même un tout petit peu charmeur...

adopte4Il n'hésite pas à jouer la carte du charme, avec l'air de ne pas y toucher... Comment résister à sa frimousse toute ronde, à la douceur de sa fourrure, à son regard interrogatif ? Marceau est réalisé dans une fourrure douce, qui le dispense des vêtements que portent ses congénères.

adopte3Il arbore cependant une jolie écharpe de laine brute et de lin mêlés, aux teintes sourdes qui mettent en valeur les nuances de son pelage. Et puis Marceau revendique haut et fort son amour des belles lettres, qu'il trace avec application à l'aide de son porte-plume fétiche.
Je vais devoir abandonner l'espoir de vous montrer les autres clichés, Canalblog se refuse obstinément à tout effort supplémentaire...

Douce semaine

Senami

 

 

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21 novembre 2016

Juste une carte...

aqua1Au début de l'histoire, il y a une fille (moi) qui se met à courir sous la pluie dans le jardin, et saute par dessus une jardinière avec un "youpi !" retentissant. Et trois secondes après, la même fille se retrouve les fesses dans l'herbe mouillée, une cheville en vrac et un sourire nettement plus crispé... Diagnostic : une vilaine entorse et les ligaments en vrac.

aqua4Et là-bas dans la capitale, il y a Grenouille, entre les cours et la vie de tous les jours... Une petite carte, c'est si agréable à recevoir... Elle soupèse l'enveloppe,  se demande ce qu'il y a dedans, et monte les escaliers quatre à quatre pour ouvrir l'enveloppe soigneusement, sans l'endommager. Elle sort avec des gestes précautionneux la carte, l'ouvre, la lit et essuie une petite larme...

Je n'y étais pas mais je sais que c'est ainsi que cela s'est passé.

Quel rapport avec la cheville en vrac ? Ben comme je ne peux plus m'en servir, que je dois avoir la jambe en extension et en l'air, il ne me reste plus beaucoup d'occupations possibles. J'ai ressorti une boîte d'aquarelle, des pinceaux et au travail.

aqua5Et puis j'y prends goût. Je me laisse bercer par la magie de la couleur et de l'eau. Vous pardonnerez l'amateurisme du geste et la mauvaise pratique de la discipline : j'ai l'habitude de l'acrylique et les façons de faire sont bien différentes.

aqua6J'aime beaucoup les lapins, vous l'aurez compris. J'ai bien du mal à rendre la transparence des teintes, à garder les blancs, à donner une expression à mes bestioles. Les proportions ont toute leur importance, et les maladresses sont visibles. N'empêche que je m'amuse, que j'entre dans une bulle hors du temps, et c'est bien agréable.

Internet est une source d'inspiration inépuisable : ces modèles sont des copies, je le précise, car je suis bien incapable d'innover en la matière. J'essaie juste de copier le mieux possible.

aqua7Pas facile de capter une attitude, de rendre la douceur du pelage...

aqua8Voilà des pâtisseries qui ne me feront pas grossir. Ah les macarons... Pas facile à croquer (mouarf ... le jeu de mots même pas drôle...). Encore une fois tout est question de proportions, et cela me donne bien du mal. Et décidément, j'ai bien des difficultés à peindre "à rebours" : avec l'acrylique, on met les touches de lumière à la fin. Avec l'aquarelle, il faut les imaginer dès le départ pour les laisser apparentes.

aqua10Cela fait des années que je songe à prendre des cours... Une bonne résolution pour l'année à venir ? Reste à trouver l'endroit.

Bonne semaine à toutes et à tous.
Senami

 

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13 novembre 2016

Le fauteuil qui ne voulait pas vieillir seul. Epilogue

liseuse30Nous voici arrivés au terme de l'histoire du fauteuil-qui-ne-voulait-pas-vieillir-seul. L'union improbable d'un vieux grognard et d'une jeune ingénue... mais cette fois-ci, pour le meilleur uniquement. Mon fauteuil ronronne de bonheur : il semble avoir définitivement adopté la Liseuse, et elle peut enfin s'adonner à la seule occupation qui l'intéresse en toute sécurité.

liseuse41Revenons à nos moutons clous : j'ai laissé de côté les clous de décoration et ai récupéré les semences d'origine, très différentes, ainsi que je l'ai déjà dit dans un épisode précédent, de celles qu'on trouve aujourd'hui. Les pointes sont plus petites d'au moins un tiers, et très irrégulières. Pas une ne ressemble à une autre. 

Le tissu d'origine bien étalé sur ma suédine, j'ai reporté le tout soigneusement en comptant une marge généreuse. La suédine que j'ai choisie n'est pas extensible comme du tissu, mais je n'ai pas trouvé le lin dont je rêvais, de cette couleur exacte. Alors va pour la suédine rouille.

liseuse42Positionner le tissu pour voir comment il tombe et le maintenir en place avec des pointes très fines. Les déplacer, encore et encore pour répartir le plus harmonieusement possible les plis inévitables. Et se féliciter d'avoir investi dans une agrafeuse de tapissier !!! Merci M. Senami.

liseuse40Même chose pour les accoudoirs : habiller un volume n'est pas chose aisée. Prendre son temps... Ne pas précipiter les choses... En profiter pour regarder la pluie tomber obstinément, et s'offrir une pause thé. Au passage j'admire le rendu des deux teintes : celle de la suédine qui répond au rouge profond de l'acajou. Ma version de l'automne que j'aime tant.

liseuse34Et puis dissimuler les clous avec un joli galon de lin. J'ai renoncé à la passementerie classique destinée à l'ameublement : trop voyante, trop lourde, trop... trop.
Je suis allée dans une bonne mercerie et ai trouvé ce joli galon discret et élégant. Il m'en faudra cinq mètres pour tout habiller, là aussi avec beaucoup de patience : la colle à tissu est éfficace et ne colle pas que le tissu. Alors il faut prendre son temps, stabiliser avec des pointes et laisser la colle prendre.

liseuse35Avant de poser le galon de finition, j'ai passé une bonne cire sur le bois. Et là magie : alors qu'il était franchement marron, il a retrouvé petit à petit des accents fauves, et il ne fait aucun doute qu'ils ressortiront encore plus après plusieurs patines. Il faut laisser au bois le temps de sécher, de se nourrir et d'en redemander. Mon truc à moi pour faire briller : un chiffon de soie. En frottant vigoureusement, il chauffe la cire et à condition qu'elle contienne de la cire de carnauba, l'encaustique se met à luire doucement, comme un vieux cuir patiné.

liseuse32Mon travail touche à sa fin. Avec une pointe de regret même si je suis très satisfaite d'avoir mené ce projet à son terme. Pourtant j'ai hésité... Est-ce que cela fera démodé ? Daté ? En un mot : pas au goût du jour ? Finalement qu'importe, moi j'y ai pris beaucoup de plaisir.

liseuse31Le vieux fauteuil a retrouvé des accents de jeunesse. Il cambre un dos bien droit et irréprochable, présente avec fierté ses jambes gainées de cire.

liseuse33Galonné de frais et soutaché d'importance, il peut prétendre à parader dans un intérieur douillet. Il se voit bien au coin d'une cheminée ou d'un poêle en fonte, écoutant à longueur de temps les histoires que cette jeune fille au front si pur pourra lui lire. Quant à elle, enfin sortie de son grenier et alors qu'elle était promise à la pire infamie, elle sait que là où elle se trouve elle pourra lire un moment, sous les regards admiratifs des humains qui ne manqueront pas d'effleurer du regard cette jeune personne si sage. Certains plus observateurs ne manqueront pas de noter la fierté du port de tête et le profil obstiné.
Tous les deux m'ont promis qu'ils sont prêts à accueillir dans leur cercle intime les humains qui voudront bien venir là, s'asseoir pour deviser paisiblement, à moins qu'ils n'aient envie d'ouvrir un livre...

Bon dimanche à toutes et à tous.
Senami

11 novembre 2016

Le fauteuil qui ne voulait pas vieillir seul. épisode 3

liseuse20Une fois passée l'étape du déshabillage, du nettoyage et de l'entretien du vieux-fauteuil-qui-ne-voulait-pas-vieillir-tout-seul, il m'a fallu résoudre la question qu'il m'avait posée au départ : ne plus être seul.

liseuse16La Liseuse, elle, a été brodée il y a longtemps. Quels rêve d'idéal a présidé au choix du sujet ? Quelle est la femme qui l'a brodée, point à point, et quand ? Toujours est il que notre Liseuse s'est retrouvée hors de son cadre, chassée de chez elle pour aller s'exposer tristement dans la vitrine virtuelle d'un site de vente d'occasion bien connu.

J'ai découpé le canevas en suivant le patron du tissu d'origine. Pas facile de donner le coup de ciseaux... Pas d'erreur possible. Une mauvaise appréciation et il faudra trouver une autre toile.

liseuse17J'ai réutilisé les clous d'origine pour placer la toile à sa place, en posant d'abord la toile arrière, assortie à l'assise, puis le rembourrage de crin d'origine également, et enfin un molleton neuf.

La multitude de trous dit assez l'âge de mon vénérable fauteuil. J'ai travaillé avec d'infinies précautions, même si par ailleurs le dossier est solide et ne présente aucun jeu.

liseuse18Pas facile de travailler sur un fauteuil : je dois trouver des solutions pour ménager mon dos, et ne pas fragiliser le dossier du fauteuil. La table de l'atelier est toute indiquée...

Placer le canevas ne fut pas une mince affaire : il faut bien centrer le motif, mais la difficulté principale réside dans l'épaisseur du canevas lui-même.

Demain, fin du suspense et fin de l'histoire...

Bonne fin de journée.
Senami

 

 

10 novembre 2016

Le fauteuil qui ne voulait pas veillir seul. épisode 2

liseuse5Voilà mon vénérable fauteuil mis à nu ou presque. L'assise est en parfait état, a été refaite par un professionnel, et je crains de la démonter.

liseuse10Il aura fallu bien des soirées, des moments épars de-ci de-là pour poncer soigneusement, méticuleusement le bois de ce fauteuil : à en avoir les mains abîmées pendant plusieurs jours. Au fil du travail les restaurations précédentes se font jour, et on aperçoit des "rustines" mises soigneusement en place par un ébéniste scrupuleux. Bien sûr, ces réparations passaient inaperçues avec la teinture noire, mais le bois mis à nu, elles sont forcément plus visibles.

Pourtant, moi je les aime bien ces cicatrices du temps passé. Vestiges de quels événements ? Mystère.

Les multiples sculptures du bois sont difficiles à atteindre. Il faut ruser, râler, souffrir et se contorsionner pour aller chercher le petit détail que personne ne remarquera.

liseuse14La satisfaction est grande cependant de voir apparaître doucement la teinte d'origine de ce bois exotique et la différence est flagrante sur cette photo : l'accoudoir au premier plan est dans sa teinture noire, celui qui est au second plan a déjà retrouvé une jolie couleur chaude et rouge.

liseuse6Qu'elles sont donc jolies ces volutes... et si difficiles à poncer ! Là pour le coup je rêve d'un de ces outils électriques qui vont partout et facilitent sans doute le travail. Vous les utilisez, vous ?

Je craignais de mauvaises surprises au fil de mon travail d'archéologie mais non : le bois est sain. Une certitude cependant : il a été entretenu, réparé avec soin, et les traces des tapisseries antérieures attestent que ce fauteuil est effectivement très ancien. J'ai récupéré autant de clous que je le pouvais pour les réutiliser avec le tissu neuf. Tant qu'à faire du bon travail, autant aller jusqu'au bout.
Mais au fait, je remarque que les clous de l'époque sont nettement plus petits que ceux vendus actuellement. Ils sont très irréguliers aussi. On fabrique ça comment, les clous ?

liseuse12Le travail de ponçage achevé au bout de plusieurs jours de labeur acharné, je dois le nourrir un peu. Ce n'est qu'une première étape dans la patine finale mais le bois a besoin de soin. Un pinceau doux, de la cire liquide et un chiffon... et c'est parti.
C'est magique : sous le pinceau, le bois soudain passe du blond-roux terne à un acajou flamboyant et riche, chaud et si doux à regarder.

liseuse13Ce dernier cliché est parlant : la différence est incroyable. Je vous promets qu'il n'y a aucun pigment dans la cire liquide !

Au fil des heures pourtant cette lumière fantastique va s'estomber. Le bois absorbe la cire et s'assombrit, sans retrouver cette teinte d'automne.

Laissons cela de côté. La patine, on verra ça plus tard. Cette fois je ne peindrai pas ce bois : il est bien trop beau. Je vais donc travailler avec une patine à la cire.

L'étape suivante consistera à ...

.... suite au prochain numéro.

Senami

 

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09 novembre 2016

Le fauteuil qui ne voulait pas veillir seul. épisode 1

liseuse1Lorsque je l'ai vu en photo la première fois, j'ai su que nous allions nous rencontrer et faire un bout de chemin ensemble. Je prends donc ma petite auto et pars dans la campagne normande à la rencontre de ce beau ténébreux.

Il est de style Napoléon, oui, mais aussi très certainement d'époque. La personne qui me l'a cédé l'avait reçu de son beau-père, lequel, ébéniste de son état, serait aujourd'hui plus que centenaire. Or cet ébéniste a reçu ce fauteuil au titre d'antiquité... déjà ! En calculant bien, il est tracé de façon certaine jusqu'à la fin du XIXème siècle, mais plus certainement de la moitié de ce même siècle.

liseuse3Cependant, il ne présente aucune blessure fâcheuse, preuve que la dernière restauration était de qualité et surtout que le fauteuil a peu servi : l'assise est ferme, même si on sent un petit peu les ressorts. La toile est propre en dehors d'une auréole, et défraîchie.
Nous voilà donc partis pour revenir au bercail quand ledit fauteuil me tint à peu près ce discours :

"j'ai connu plusieurs guerres, reçu dans mes bras accueillants les veuves de la Première, et tremblé sous les bombes de la Seconde. J'ai craint pour mon avenir quand les maisons voisines s'effondraient dans un dernier rugissement, noyées sous les gravats... et puis je suis passé de main en main. On m'a opéré, restauré, deshabillé et puis rhabillé. J'ai connu un salon rutilant et la solitude poussiéreuse d'un grenier, et puis une longue traversée du désert dans une chambre vide, quand ceux que j'ai connus en culottes courtes ne juraient plus que par le formica. Aujourd'hui, je suis vendu pour une bouchée de pain, pour leur permettre de se débarasser de moi... J'en ai connu des réunions de famille, des confidences dans le salon en clair obscur, j'en ai accueilli des petits pieds impatients qui me piétinaient pour atteindre l'étagère la plus haute...

Alors je te le dis : parvenu à cet âge vénérable, pour les services rendus à l'espèce humaine, je demande à ne plus vieillir seul. Je veux de la compagnie."

Passablement interloquée par la demande ainsi formulée, je suis rentrée et me suis mise à l'ouvrage. Cela passe par le déhabillage. Rien de très glamour dans cette opération qui ressemble plutôt à un corps à corps musclé et dangereux si on n'y prend garde.

Il faut en effet ôter un à un les clous de tapissier alignés les uns derrière les autres comme des petits soldats de plomb. Ils se défendent bien, gage du travail de qualité du dernier tapissier qui a travaillé sur ce fauteuil. Le tissu est de belle facture, même si en bavardant avec l'ancien propriétaire, j'apprends que ce fauteuil était garni d'une tapisserie d'Aubusson, apparemment, qui valait "bien plus cher que le fauteuil".

Sous la toile je trouve une toile blanche, sous laquelle on peut deviner le crin et les ressorts pour l'assise. J'ai aussi trouvé les restes épars d'une ouate tellement usée qu'elle tombait littéralement en poussière.

liseuse2L'ancien propriétaire, qui semble bien connaître les essences de bois, m'affirme qu'il s'agit d'acajou massif. Bien entendu il est noirci, comme on le faisait à l'époque, et je suis curieuse de voir ce qui se cache sous des décennies de teinture, de cire et de poussière.
 

Je prends du papier de verre et doucement, je commence à gratter. La poussière qui tombe est très sale, et il va me falloir beaucoup de patience et d'huile de coude pour parvenir à mes fins.

(si vous avez des infos sur les meubles de cette époque, je suis curieuse d'apprendre !)

Allez, suite au prochain épisode !

Senami

08 novembre 2016

Rosemary' babies

rosemary1Je l'avais vu plusieurs fois sur d'autres blogs... son côté besace me séduisait... J'ai acheté le patron (sac Rosemary, Un point c'est fou) et je me suis lancée. oh, rien de bien compliqué. Les explications de ce patron sont assez succinctes mais claires.

rosermary3Je l'ai réalisé en velours noir, à fines côtes, doublé en toile à caban rose malabar, et souligné avec une chute de tissu que j'affectionne : de jolies roses sur fond noir.

rosermary4Je l'ai juste un peu modifié en ajoutant à l'intérieur une double poche pour recevoir le téléphone portable et le paquet de mouchoirs indispensable en ce début d'hiver. Un joli galon noir, à l'effet très "cocotte" tranche sur le rose dragée de l'intérieur parce que je ne veux plus de sac doublé de noir qui me fait paniquer quand je cherche le porte feuille NOIR et le téléphone NOIR.

rosermary5J'ai également rigidifié un côté du sac, celui qui logiquement se situe contre le corps, histoire de ne pas avoir un sac-tout-mou, mais quelque chose qui se tient un peu.
Idem pour la sangle : je ne l'ai pas réalisée en velours mais j'ai pris une sangle bien solide, sur laquelle j'ai cousu un rappel de fleurs roses assorti au volant. La sangle est fixée par des rivets et une piqûre quand même pour prévenir tout arrachement mal venu.

Avant de d'obtenir ce sac noir, j'avais cousu ma "toile" avec mon tissu fétiche, la Toile de Jouy.

rosemary9Toile de Jouy donc, avec un volant à pois pour le devant et une doublure assortie.

rosemary8Toujours des tons très doux (oh le vilain fil qui dépasse en haut à droite !) mais clairs (je ne vous rejoue pas le refrain du porte feuille noir...). Une double poche intérieure permet d'y recevoir ce qu'on ne veut pas égarer au fond.

Là aussi j'ai rigidifié un côté du sac ainsi que le fond pour une meilleure tenue.

rosermary9Pour la bandoulière, de la sangle bien solide, mais ornée pour une des faces avec le même tissu à pois que le volant. Même système de rivets et de surpiqûre...

Voilà un achat de patron que je ne regrette pas, accessible au niveau du prix autant que pour sa réalisation.

Je vous fais cadeau au passage d'une photo de mon atelier qui se patine peu à peu et se fait fonctionnel :

atelier30Pardon pour vos cervicales, il est vrai qu'il faut un peu pencher la tête... Monsieur Senami a installé sous l'escalier les étagères dont je rêvais pour y mettre tout mon petit bazar. Des planches aux dimensions généreuses, de 50 cm de profondeur, qui reçoivent sans broncher livres, brochures et boîtes de rangement. L'autre jour, alors que je m'y trouvais, j'ai réalisé que ce que je ressens dans cet endroit c'est... la Paix. C'est la première fois que je ressens à ce point ce sentiment de sérénité et de calme. Dans le silence, dans les odeurs qui y flottent, entourée de mes objets qui ont tous une histoire...

Pour terminer, j'espère que vous en m'en voudrez pas du titre, quand même facile mais pour celles qui ont quelques décennies comme moi, c'est un clin d'oeil à ce film (que je n'ai jamais voulu voir) qui a défrayé la chronique lorsqu'il est sorti et donné des sueurs froides à plus d'un(e)... On "exorcise" ses peurs comme on peut. Pour moi, c'est fait.

Bonne semaine à toutes et à tous.
Senami

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